Collectif Bordeaux-Marinopole  à Monsieur Francis Idrac, Prefet de la Gironde

Bordeaux le 11 janvier 2008

(bordeaux-marinopole@hotmail.fr)

Copie à
Mme ALBANEL, Ministère de la culture
M. BROUAT, DRAC de Bordeaux
M. COURBU, Chambre de commerce
Mme DELAUNAY, Députée de la Gironde
M. DORTHE, Conseil Régional Aquitaine
M. MADRELLE  Conseil général
M. RIEU, DRAC Bordeaux
M. SENTAGNES PDT du port de Bordeaux
Et UNESCO, Paris

Objet : pont du pertuis

Monsieur le Prefet,

Ainsi, le Pont de Pertuis est en train de disparaître, victime d’un acharnement que nous dénoncions dans nos lettres des 02 et 15 Novembre, restées sans réponse de votre part. Il y a plus de trois ans que, dans la perspective du rétablissement du passage sur le pertuis, sont apparues les condamnations par certains services de cet ouvrage qu’on a même prétendu irréparable. Ont suivi des estimations – et non des devis – où la réhabilitation du pont apparaissait toujours plus chère que toute autre solution. Jusqu’au dernier moment, et malgré les devis précis d’un spécialiste reconnu des ouvrages métalliques, on a fait en sorte que ce soit la démolition qui l’emportât.
Entre temps, l’inscription de Bordeaux au patrimoine mondial était intervenue. Porter atteinte à un ouvrage inclus dans une telle zone n’étais-ce pas ipso facto, violer les obligations accompagnant cette distinction ?
En alertant l’U.N.E.S.C.O nous avons eu la naïveté de croire que l’Etat dont vous êtes le représentant jouerait le rôle décisif de garant du respect des secteurs couverts par l’inscription. C’est aussi pourquoi nous avons écrit les 02 et 15 Juillet afin que soit au moins sursis à la démolition de cet ouvrage dont nous avions demandé le classement à la D.R.A.C le 04 avril 2006.
Nous ne pouvons pas nous empêcher de trouver incompréhensible que suite à nos correspondances, vous n’ayez pas essayé d’enquêter sur le bien fondé de nos interventions comme celle de Monsieur D. Sentagnes, de Monsieur Ph. Dorthe ou des principaux représentants de la population de Bacalan.
La destruction de cet élément du patrimoine n’est, en définitive, basée que sur des considérations purement technocratiques – au moins en apparence – , elles-mêmes appuyées sur des estimations et non des devis vraiment comparatifs, en tout cas sans aucune recherche d’un consensus entre toutes les parties valablement intéressées.
Auriez-vous, d’ailleurs, daigné répondre à notre demande de rendez-vous, exprimée dans notre lettre du 16 Août 2007, que vous auriez pu découvrir en quoi le pont de Pertuis était un maillon d’un projet faisant du site des bassins à flots le grand témoin «  de 2000 ans d’histoire du Port de la Lune » comme l’a dénommé l’U.N.E.S.C.O. Mais nous ne sommes, il est vrai, qu’une association qui ne saurait être appréciée que si elle n’est pas gênante.
Quoi qu’il en soit, cette affaire ne peut que nous inciter à poursuivre notre action à tous les niveaux, en faveur de la mémoire maritime et industrielle de Bordeaux.*
Nous avons donc déjà alerté l’U.N.E.S.C.O. au sujet d’autres témoins de ce passé, menacés par des gens qui voudraient voir FIGER un maximum de terrains en vue de développements immobiliers, car ils se moquent bien de ce que nous considérons, nous, comme la vraie fonction de l’URBANISME : améliorer le cadre de vie. Mais il est vrai que notre seul intérêt est l’intérêt général.
Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de nos salutations distinguées.

Le président du collectif : Daniel BINAUD


*Comment pourrions-nous admettre qu’après des mois de rétention, vous débloquiez le dossier de demande de classement des formes de radoub sinon comme une sorte de troc compensatoire à la destruction du pont de Pertuis ?